J’avais été éperdument amoureuse de lui, de toute mon âme, de tout mon corps. J’étais tombée amoureuse, comme on trébuche sur un caillou, comme on tombe malade, comme on rigole. J’étais tombé amoureuse d’un éclat de voix, d’un sourire charmeur, d’un œil rieur qui me faisait exister. J’étais tombé amoureuse de lui comme jamais auparavant, je transpirais la peur de le perdre, le ventre noué, je ne vivais plus. De cette silhouette, de ses mots, de ses doigts, de sa musique. De lui. Si je devais résumer le sentiment qui, à l’époque, m’habitait je pourrai dire que cela commence par une douce chaleur dans le ventre, qui monte, monte jusqu’à la gorges, jusqu’à la compresser, jusqu’à rétrécir, jusqu’à ne plus avoir d’air, jusqu’avoir le souffle coupé, jusqu’à avoir les larmes aux yeux, jusqu’à aimer. Aimer éperdument, contre tout, contre tous, comme jamais, comme si on était sur terre pour cela, comme si plus rien n’avait d’importance. On se fou de tout, tout nous emporte, nous dépasse, ces sentiments, nos sentiments nous submergent, c’est rapide, trop rapide, ce bonheur, cette douceur dans ses yeux, ce sentiment de vivre enfin, d’être qui on est, d’être là car on le doit, pas par convenance, pas pour les autres, juste pour nous. Cette idée d’éternité qui s’inscrit dans n’importe quel acte, parole, projet, cette idée qu’à deux on est plus fort, qu’on peut vivre, qu’on se soutient. Et ce sourire, qui t’emporte loin, qui te fais voyager, et sans jamais revenir et ces rêves, et nos rêves.
 Et cet SMS qui fait tout chavirer, ce jour où tu sombres, tu tombes, tu tournes, encore et encore, les images, les mots, les odeurs, les sons, les endroits, tu pleures, tu meurs, cet léthargie qui t’envahie, tu ne veux plus rien, tu ne crois plus en rien, et tu continues de tomber, tu veux te réveiller, et tu tournes, tournes, comme dans un trou noir, tout va très vite, trop vite, ce n’est pas possible, tu survies, tu manges à peine, tu penses, beaucoup trop, à tout, à ça, à lui, « et si ? ».